Main basse sur les sites de partage de vidéos en ligne
En dépit du fait que les autorités tunisiennes aient bloqué de façon permanente l’accès aux sites Dailymotion et YouTube, le 3 septembre 2007 et le 2 novembre 2007 respectivement, les internautes tunisiens réussissent malgré tout à accèder à ces sites pour regarder ou télécharger des vidéos. Tandis que le gouvernement tunisien travaille dur pour maintenir l’image lisse d’un état “laïque, moderne et démocratique” , qui ne peut être souillé par des informations “négatives” disséminées sur le Web par des opposants, des activistes tunisiens continuent à attirer l’attention sur les émeutes de Redevef et sur la repression très dure . Les deux sites bannis, Youtube et Dailymotion, diffusent toujours des vidéos des manifestations contre le chômage et le népotisme. Quand les médias officiels locaux ont gardé le silence sur la mort de deux manifestants, des vidéos des victimes, des blessés et des tirs à balles réelles contre des civils ont été passées clandestinement hors de Tunise pour être mises en ligne sur les sites de vidéos.
Les campagnes contre la censure
L’intérêt sur la censure d’Internet en Tunisie n’a jamais été aussi élevé depuis le Sommet Mondial Sur la Société de l’Information qui avait eu lieu à Tunis en novembre 2005. A cette occasion, un noyau dur de blogueurs et d’activistes tunisiens, soutenus par des sympathisants, avaient organisé une campagne remarquée de mobilisation en ligne, “Yezzi Fock Ben Ali” (ça suffit, Ben Ali), une des campagnes de “La liberté d’expression en deuil !”. Depuis, le paysage de la résistance en ligne pour la liberté d’expression a totalement changé. Ceci est à imputer au nombre croissant de blogueurs, d’activistes sur les sites de vidéos et le réseau social Facebook. Ils empruntent maintenant le chemin patiemment tracé par les pionniers tunisiens du mouvement de défense de la liberté d’expression qui ont profité des outils du Web 2.0 (vidéos, mash-ups, photos, etc.) pour protester contre la censure sur Internet.